HABITER SON CORPS

Notre corps est la mémoire de notre être. Lorsque ce dernier vit des chocs émotionnels, notre corps les somatise. Il devient douloureux et peu à peu, nous nous coupons de lui. Personne n’a envie consciemment d’être en souffrance.

La belle machine qui nous habite, nous transporte, nous nourrit est peu à peu délaissée. Telle une propriété abandonnée, il est difficile de l’approcher, voir à y entrer. La demeure s’éloigne peu à peu de la civilisation à cause de l’herbe folle et des ronces qui se développent autour d’elle et qui semblent la protéger !

Malheureusement, les personnes en souffrance, souvent se replient sur eux-mêmes, peuvent devenir agressives, sauvages et se coupent du monde extérieur. Mais qui suis-je quand plus personne ne me regarde, ne me parle… Moi qui quémande l’amour de l’autre, la relation est devenue impossible.

Voilà un tableau bien noir du corps en souffrance. Heureusement, nous avons la possibilité de le défricher, de détruire les ronces qui le lacèrent et qui le meurtrissent.

Habiter son corps, c’est déjà accepter que ce que nous avons vécu ait bien existé ; et que rien ni personne ne peut changer le passé. C’est ensuite accepter de se rapprocher de soi avec sa respiration. Cette respiration qui nous habite depuis le premier jour et qui va nous emmener jusqu’au dernier. Lorsqu’un compagnon de route fait autant de chemin avec nous, il est plus agréable de bien se connaître et de bien s’entendre !

La respiration d’un corps douloureux, c’est comme une flamme qui est sur le point de s’éteindre. Il ne tient qu’à nous de la raviver pour lui rendre la vie. La respiration consciente, c’est le phare qui éclaire notre chemin.

La respiration, c’est la vie. Le principe de la vie, c’est naître, grandir, évoluer : c’est le mouvement.

Habiter son corps, c’est lui donner la possibilité d’aller, pas à pas vers ce mouvement, vers sa capacité à utiliser l’espace qui l’entoure.

Se reconnecter à un corps qui bouge, c’est s’autoriser à prendre sa place, tout simplement. Les mouvements peuvent être minimes dans un premier temps. Se déplacer en conscience, c’est déjà beaucoup. Avoir ,par exemple, les bras et les épaules qui suivent le mouvement des jambes et du bassin.

Ça peut être aussi d’accompagner les gestes du quotidien avec tout son corps, tel un artiste qui travaille son bloc d’argile et qui met toute la puissance de son corps dans le pétrissage de la terre.

C’est se reconnecter à sa colonne vertébrale, centre nerveux de contrôle de tout son corps, elle gère aussi notre verticalité, notre équilibre entre ciel et terre.

Habiter son corps, c’est se réapproprier son regard ; c’est oser regarder le monde qui nous entoure avec un minimum d’appréhension. C’est accepter de regarder, non plus le bout de ses pieds, mais devant soi, tel un but qu’on se fixe, sans l’ombre d’un doute.

Habiter son corps, c’est être un homme debout, en équilibre sur ses deux pieds.

Habiter son corps, c’est harmoniser le corps, le cœur et l’esprit pour mieux rentrer en relation avec soi et avec les autres.

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